5 choses à savoir sur l'alcoolorexie

Dernière mise à jour : 21 avr.


jeune femme boit un cocktail avec des glaçons et une paille

En France, les associations et centres contre ce régime se multiplient.

La définition de ce régime est une perte de poids cyclique qui est due à une réduction des repas combinée à une forte consommation d'alcool.


Ce fléau touche principalement les femmes, qui "doivent" faire plus attention à leur ligne que les hommes selon les diktats de la société mais il y a également de plus en plus de cas masculins qui sont recensés.

Faisons donc un point aujourd'hui pour vous informer sur ce phénomène dangereux ou vous aider à en sortir.


1. Définition

On l'a expliqué rapidement en intro, manger moins pour être ivre plus rapidement et ne pas ingérer trop de calories, c'est à cela que se résume l'alcoolorexie.

Il y a aussi parfois une tendance boulimique dans l'alcoolorexie, les personnes concernées mangent en grande quantité sous l'effet de l'alcool et se font ensuite vomir pour ne pas stocker les calories.


Ce concept vient encore une fois du monde anglo-saxon (alcoolorexie est la traduction française de drunkorexia en anglais).

L'alcoolorexie est également appelée parfois ébriorexie.

Ce phénomène touche principalement les jeunes femmes (moins de 30 ans).

En plus de ne pas vouloir cumuler les calories de l'alcool et celles de la nourriture et de vouloir être saoul plus vite, certaines de ces jeunes femmes sautent des repas dans le but d'économiser de l'argent pour acheter de l'alcool.


2. Le phénomène est-il répandu ?

femme blonde avec un piercing au nez est fatiguée et se repose sur un rebord de fenetres

Une étude publiée dans la revue Australian Psychologist a tiré la sonnette d'alarme en 2016 car on pouvait y lire que quasiment 60 % des étudiantes australiennes avaient déjà sauté des repas pour ressentir plus rapidement les effets de l'alcool.


Une étude préalable, publiée fin 2011 par l’université du Missouri, inquiétait déjà les spécialistes car elle révélait qu' "une étudiante américaine sur six saute le repas avant de sortir en soirée".

En France, le phénomène est également de plus en plus courant.


3. Quels sont les risques ?

L'alcoolorexie n'est pas médicalement reconnue, il n'y a donc pas de symptômes officiels.

Le premier risque est cependant très simple : devenir alcoolique. L'alcoolorexie implique en effet de boire une très grande quantité d'alcool, l'alcool étant extrêmement addictif, boire de cette manière peut avoir des conséquences effroyables à long terme.

Le simple fait que l'alcool remplace quelque chose dans votre vie (ici la nourriture) est inquiétant.

Quand l'alcool prend une telle place dans la vie d'un individu, il y a un réel risque de sombrer et de ne plus pouvoir vivre sans.


On savait déjà qu'une forte consommation d'alcool causait des dommages au cerveau, ce que les scientifiques ont démontré récemment, c'est que si on est en plus à jeun, le cerveau, en situation d'hypoglycémie, est encore plus vulnérable et les comas éthyliques sont plus fréquents et plus graves.

jeune femme boit de l'alcool dans son lit en étant recouverte par une couverture

Les dommages au niveau du cerveau inquiètent réellement les scientifiques car l'alcoolorexie touche une partie non négligeables de jeunes.

Or, ces dernièr(e)s sont particulièrement vulnérables, car le cerveau continue de se développer jusqu'à 25-30 ans.


Les dommages peuvent donc les suivre jusqu'à la fin de leur vie, il n'y a même pas besoin de répéter les épisodes d'ivresse, un seul "binge-drinking", à jeun ou non, provoque des effets neurotoxiques.

Boire en ayant le ventre vide expose également à un risque d'intoxication alcoolique.


Les symptômes de cette intoxication sont la confusion, les vomissements et les malaises.

Il y a aussi un risque de problèmes cognitifs à court et long terme, (difficultés à se concentrer, perte de mémoire...).

Les effets de l'alcool à jeun sont trois fois plus toxiques que lorsque l'on a mangé.


Etant donné que les personnes qui pratiquent l'alcoolorexie mangent moins, il y a forcément des risques de carences.

Vitamines, minéraux, protéines et glucides risquent de manquer à un moment donné et les conséquences sont terribles (perte d'énergie, dépression, affaiblissement du système immunitaire...)


Enfin, comme toute consommation d'alcool abusive, l'alcoolorexie augmente le risque de développer une maladie du foie ou du cœur à long terme et les risques d'accidents de la route, de comportements agressifs et dangereux et de conduite sexuelle inadaptée à court terme.


Le fait que ce soit principalement des femmes qui pratiquent l'alcoolorexie est particulièrement préoccupant car elles sont davantage exposées aux problèmes de santé liés à l’abus d’alcool que les hommes.

femme est triste et pleure, son maquillage coule et il y a beaucoup d'ombre

En effet, elles ne métabolisent pas l'alcool aussi efficacement que les hommes car il y a moins d’eau dans leur corps.

Elles possèdent également plus de tissus adipeux dans leur organisme, ce qui fait que l'alcool se stocke plus facilement dans ces tissus graisseux.


L'alcoolorexie est aujourd'hui considéré comme le trouble alimentaire le plus dangereux à cause de tout ce que l'on vient de citer. Malgré cela, il y a de nombreuses choses dans la société qui incitent, implicitement ou non, les jeunes femmes à agir de la sorte.


4. Réseaux sociaux, magazines et pression sociale...

Il n'y a aucun doute sur le fait que le phénomène d'alcoolorexie chez les jeunes femmes est étroitement lié au culte du corps parfait porté par les médias et les influenceuses.

Le fait de voir dans les films, les publicités des grandes marques, les réseaux sociaux, des femmes minces qui sont adulées pousse beaucoup de jeunes filles à vouloir leur ressembler (alors que les photos sont souvent retouchées).


Elles s'affament donc pour pouvoir acheter des vêtements dans la taille la plus petite possible, quitte à mettre leur santé en danger.

Cependant, le fait de vouloir absolument être mince ne représente que la moitié du problème, il faut également parler du fait que boire excessivement de l'alcool est devenu "cool".


Les alcooliers ont réussi, tels les fabricants de tabac avant eux, à mettre la consommation d’alcool à la mode. Le marketing a clairement fait de l'alcool une chose populaire.

En somme, sur internet ou dans le monde réel, de plus en plus de choses amènent les jeunes femmes à penser qu'elles ont besoin de boire pour ne pas être ringarde.

femmes boivent de l'alcool bouteille à la main sur une plage

"éclate-toi", "profite de ta jeunesse", "ne sois pas coincée", tous ces "conseils" causent aujourd'hui de nombreux dégâts chez les jeunes femmes qui sont en perte de repères et qui ont l'impression de passer à côté de leur vie si elles ne sont pas ivres tous les week-ends.


Les médecins ont en effet remarqué que comme pour l'anorexie ou d'autres troubles du comportement alimentaire, les femmes qui souffrent d'alcoolorexie présentent des signes de dépressions : sentiment d’ennui, de tristesse, manque de confiance en soi...


L'influence des milieux étudiants et professionnels n'est également pas à négliger.

Les soirées d'intégration des universités et grandes écoles mettent une forte pression sur les jeunes qui se sentent obligés de boire beaucoup pour être perçus comme libre et se faire accepter.

Dans le milieu professionnel, c'est un petit peu la même chose, les petits nouveaux ont plutôt intérêt à ne pas passer leur tour sur l'alcool lors de soirée d'intégration ou de pot de départ s'ils veulent s'intégrer à l'équipe.

Enfin, les soirées entre "amis" de manière générale sont assez dangereuses.


Les nombreuses remarques "t'es rabat-joie", "tu casses l'ambiance" finissent par faire craquer des jeunes filles qui sautent ensuite des repas pour éviter que les calories alimentaires viennent s'ajouter à celles qu'elles ont accumulé en buvant tous ces verres.

C'est donc toute une culture qu'il faut changer pour que l'alcoolorexie arrête se propager et éviter que cela ne devienne un vrai problème de santé publique.


5. Que faire pour s'en sortir ?

L'alcoolorexie n'est pas (encore) reconnue comme une maladie, il n'y a donc jamais de diagnostic précis.

Les personnes qui vivent ce mode de vie gèrent généralement plutôt bien les choses en apparence.

femme blonde avec une robe à pois boit un grand verre de vin et fume

En revanche, les consultations dans les cabinets des psychologues ou des médecins généralistes sont nombreuses.

Dépression, carences, perte d'énergie, il y a souvent besoin d'un minimum de soutien médical pour mener cette vie.


Elles ne savent pas ou n'admettent pas qu'il y a un problème car elles pensent qu'il n'y a pas d'autres solutions pour allier fête et minceur.

Les conséquences sur la santé à court terme n'inquiètent pas plus que cela, cette situation peut donc continuer jusqu'à ce qu'il y ait vraiment un dérapage et qu'une admission dans un centre de désintoxication ou une structure spécialisée soit obligatoire.


Pour éviter d'en arriver là, il faut vraiment se limiter à 2 verres par jour en moyenne et ne pas dépasser 4 verres dans la même soirée. Il est vrai que l'alcool est assez calorique (un verre de bière contient 145 calories).


Cependant, si vous buvez modérément, que vous avez une activité physique régulière et que vous avez une alimentation variée et équilibrée, il n'y a pas de raison de vous inquiéter pour votre poids.

Une bonne alimentation, c'est une alimentation qui bannit les produits transformés, les plats préparés et les fast-food.


Prenez le temps de cuisiner, de choisir des bons produits, se nourrir est une des choses les plus importantes que nous avons à faire, cela nous permet d'être en bonne santé, d'avoir de l'énergie, de prendre du plaisir, ce n'est pas une chose à négliger ou à faire à la va-vite.

assiette avec dahl de lentilles, légumes et boulgour sur une nappe blanche

Fruits et légumes, féculents complets, légumineuses, produits laitiers, fruits secs, graines, tous ces produits doivent se trouver régulièrement dans votre alimentation, ils vous permettront de rester en bonne santé et ne vous feront pas prendre du poids.


Un changement d'alimentation peut toutefois ne pas suffire à régler le problème dans certains cas. Il y a en effet certaines femmes qui ont fait de ce mode de vie une vraie habitude et qui n'arrivent pas à envisager leur futur autrement.


Pour sortir de ce cercle vicieux, il y a besoin d'un véritable soutien psychologique. Comme pour tous les troubles alimentaires, les thérapies (thérapies comportementales et cognitives, psychothérapie) peuvent aider les patientes à se débarrasser de ces pratiques dangereuses et avancer de manière plus saine.


Les addictologues et les associations prennent également beaucoup d'initiatives pour informer les patientes des risques et les aider à s'en sortir.

L'aspect mental est réellement important car l'alcoolorexie est intimement lié à l'image que l'on a de soi et à celle que l'on veut renvoyer aux autres.

Il faut donc une réelle volonté et une force de caractère pour s'extirper des carcans de la société et accepter de boire moins et de ne pas faire du 36 quitte à se prendre quelques remarques de personnes pas forcément bien attentionnées.


Vous en savez donc plus sur l'alcoolorexie, un trouble dont il faut sérieusement se méfier et qu'il faut combattre. C'est tout pour aujourd'hui prenez soin de vous et des autres !!!

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