Comment arrêter de procrastiner (causes et conséquences) ?


Femme à lunettes fatiguée allongée sur un canapé à gris

Eviter, vaincre, lutter contre la procrastination... Comment faire pour ne plus procrastiner et voir la sortie de cette période de flemmingite aigüe dans laquelle nous sommes rentrés pour être plus productifs dans nos études, notre travail, nos projets personnels, notre vie finalement.


C'est l'objectif de beaucoup d'entre nous et nous allons aujourd'hui analyser la procrastination pour savoir ce qui se passe dans notre tête quand nous repoussons les choses que nous avons à faire.

Lisez l'article, vous découvrirez même que la procrastination peut avoir des effets positifs et que vous n'avez peut être pas perdu tant de temps que cela...



Definition

La procrastination est un terme qui était d'abord utilisé en psychologie puis qui est entré dans le langage courant, il désigne l'habitude pour quelqu'un de reporter à plus tard des tâches ou des activités importantes en les remplaçant par des activités moins importantes alors qu'il serait possible de faire les choses importantes tout de suite.


Cela peut-être, un projet que vous repoussez, un rendez-vous que avez à prendre, un choix difficile que vous devez faire ou même une bonne résolution que voulez vous tenir (faire du sport, manger sainement, s'engager dans une association...), cela peut même être sur des choses banales mais essentielles comme faire les courses ou descendre la poubelle…

C'est dans tous les cas, quelque chose que vous devez faire et qui préoccupe votre esprit.


Pour la petite histoire, le mot Procrastination provient du latin – procrastinare – qui signifie remettre au lendemain.

La procrastination est dangereuse puisqu'elle va finir par nous obliger à gérer les choses à la dernière minute et dans l'urgence, ce qui va nous causer du stress et nous pousser à faire les choses moins bien voire à ne pas les faire du tout.

Homme avec une chemise grise se tient la tête au milieu de la route

Certains définissent même la procrastination comme une « tendance pathologique à différer, à remettre l’action au lendemain. »

Le mot pathologique, est communément utilisé pour évoquer les maladies.

Doit-on en conclure que la procrastination est une maladie ?

Pas toujours, bien heureusement.


Il existe en réalité deux types de procrastination.

La majorité des gens sont des procrastinateurs passagers : c'est à dire qu'il nous arrive de temps à autre de procrastiner selon la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Il y a une procrastination plus inquiétante, qui est appelée procrastination chronique.

Pour les procrastinateurs chroniques, remettre au lendemain est une habitude systématique.


Quelle que soit la tâche à effectuer, elle sera repoussée ce qui rend le quotidien des gens qui vivent comme cela très difficile.

Ce type de procrastination peut être le signe d'un trouble psychologique sous-jacent, même si le débat existe toujours au sein de la communauté scientifique.


Causes de la procrastination

Selon plusieurs enquêtes, près de 90% des français procrastinent et les actifs et étudiants français procrastinent en moyenne 1h54 par jour.

Il y a même 20% de procrastinateurs chroniques selon une étude du Professeur Ferrari de l’Université DePaul de Chicago, il n'y a donc pas de quoi vous inquiéter si vous êtes concerné, l'être humain a très souvent tendance à choisir la facilité en fuyant une émotion négative immédiate liée à une tâche qui nous paraît pénible.


Différentes études mettent en avant un lien causal possible entre la procrastination et les troubles du comportement suivants : anxiété, faible estime de soi, perfectionnisme, ennui et apathie, ainsi que l'impulsivité.

Il existe d'autres facteurs qui peuvent eux aussi être associés à la procrastination : peur de l'échec ou de la difficulté, peur de la réussite, manque de motivation ou difficultés de concentration, surmenage professionnel (burn-out).

comment sortir de la procrastination

L'absence de plaisir et de récompense immédiate peut aussi être un facteur.

Nous allons donc maintenant rentrer dans le détail pour voir ce qui explique votre procrastination.


Peur d’échouer et perfectionnisme

Si moment au vous remettez les choses à plus tard, vous vous dites que si vous faites la tâche et que vous échouez, vous pourriez finir déçu et décevoir vos proches, vos responsables et tous ceux qui comptent sur vous, alors ne cherchez plus l'origine de votre procrastination.


Cela concerne tout particulièrement les perfectionnistes qui se mettent une pression énorme et qui verrait tout résultat ne serait-ce qu'un tout petit différent de celui qu'ils attendaient comme un échec.

Ce qu'il se passe ensuite est que vous préférez ne rien faire pour éviter d’avoir à subir un potentiel échec, le problème est que vous vous enlevez également une possibilité de réussir...


Peur de réussir

Plus étonnant, il arrive également parfois que vous procrastiniez par peur de réussir. La réussite est parfois synonyme de nouvelles responsabilités "the reward for good work is more work".

Ainsi, la peur de faire un saut dans l'inconnue, de ne pas être à la hauteur vous empêche d'avancer.

Vous préférez rester dans votre confort, ce qui n'est pas forcément toujours mauvais comme on le verra plus tard.


La tâche est rebutante

homme derrière une vitre embuée essaye de sortir de là

Assez évident, si la tâche que vous devez accomplir vous fatigue rien que d'y penser, vous aurez du mal à vous y mettre.

Faire le ménage ou aller à la poste peut paraître comme la plus insupportable des corvées quand nous ne sommes pas dans les bonnes dispositions mais cela reste essentiel, on explique dans cet article comment dépasser cela.


La tâche est intimidante

Si vous faites face à un très gros projet ou à une tâche ambitieuse, il est assez normal de procrastiner avant de commencer.

Vous ne savez pas toujours par où commencer, vous avez l’impression de vous tenir devant une montagne, vous vous sentez tout petit et submergé et cela est intimidant.


Ce qu'il y a de bien dans ces cas là, c'est que le plus dur est de commencer mais une fois ce stade dépassé, vous aurez trouvé un rythme et vous aurez envie de continuer encore et encore pour vous donner le plus de chances possibles de réussir (c'est comme ça que ce site a été crée ;) ).


Manque d’énergie

Il se peut que ce ne soit pas le travail en lui-même qui vous fasse procrastiner mais plutôt votre manque d’énergie.

Ce manque d'énergie peut arriver parce que vous traversez une situation difficile émotionnellement, parce que vous êtes malade ou tout simplement fatigué.


Autres facteurs

Il existe d'autres facteurs qui peuvent nous pousser à procrastiner l'anxiété et la peur de l'incertitude par exemple (quelles seront les conséquences de mon action ? Si je leur parle de ce problème, comment vont-t-ils réagir ?).

homme sur une colline grise dans une ambiance apocalyptique

Pour les procrastineurs chroniques, les causes peuvent être plus profondes, comme les phobies (anxiété sociale qui nous empêche de prendre un rendez-vous, phobie de la saleté qui nous inhibe pour faire le ménage, phobie administrative qui nous empêche de nous occuper de nos papiers etc.) ou encore l'hyperactivité et la dispersion (les troubles de l'attention en général) qui empêchent de se concentrer une seule tâche.


Les procrastinateurs chroniques ont souvent un autre problème. Ils n'arrivent pas à sacrifier l’instant présent pour un résultat futur.

Ils se sentent obligés de "vivre l'instant présent", ce qui explique qu'il est inenvisageable pour leur cerveau d'accepter d'effectuer un travail de longue haleine qui ne portera ses fruits que plus tard ou de faire tout de suite quelque chose de pénible mais d'essentiel.


Ces causes ne sont pas exhaustives, de nombreuses explications possibles selon la personnalité et l'environnement de chacun, elles sont toutes fois les principales. Elles peuvent aussi se combiner entre elles, vous pouvez par exemple procrastiner parce qu’une tâche est rebutante et intimidante ou parce qu’elle est intimidante et que vous avez peur de la réussir.

De manière générale, l'important est de comprendre que vous ne procrastinez pas parce que vous êtes fainéant, mais plutôt parce que vous avez du mal à gérer les émotions négatives qui sont associées à la tâche que vous avez à accomplir.


Conséquences négatives

Nous avons déjà parlé brièvement des conséquences négatives que peut avoir la procrastination (stress, émotions négatives, baisse de la qualité du travail...), rentrons donc maintenant dans le détail.


Le stress

C'est la première conséquence de la procrastination.

Quand vous savez que vous devez faire quelque chose, bien que vous ne le fassiez pas tout de suite, cela reste dans un coin de votre tête et crée une charge mentale.

Ces préoccupations peuvent s'accumuler si vous procrastinez trop et cela va finir par vous stresser à un point où d'autres émotions négatives vont apparaître.


Les émotions négatives.

Le stress ressenti lorsque l'on est obligé de faire quelque chose à la dernière minute peut avoir une grande influence sur notre comportement : impatience, agressivité ou encore sentiment de culpabilité font alors leur apparition à ce moment là, pas très bon pour notre estime de nous-mêmes et nos relations avec les autres...


La baisse de qualité.

La tentation de prendre quelques raccourcis lorsque l'on est en manque de temps après avoir procrastiné ou même parce que l'on ne veut pas faire les choses bien à cause de cette légendaire flemme.

Ne pas prendre le temps de se relire correctement avant d'envoyer un email, de vérifier une information...


Perte de temps

La procrastination rallonge inutilement le temps que vous mettez à remplir vos tâches.

Vous mettez plusieurs jours à faire quelque chose que vous auriez pu faire en une heure et cela donne l'impression à ceux qui vous entourent (proches ou collègues en fonction de la situation) qu'ils ne peuvent pas compter sur vous en plus de faire baisser votre estime de vous-mêmes.

sablier en bois en train de se renverser sur une moquette

Relativisons tout de même un petit peu, la procrastination n'a pas que des effets négatifs.


Conséquences positives

Faire des choses qui suscitent notre intérêt et recentrer nos priorités

Si vous passez à reporter tout ce que vous faites dans votre vie, c'est peut être aussi parce que votre mode de vie ne vous convient pas.

Avoir un choisi boulot qui ne vous apporte rien à part une relative sécurité financière ou faire des études dans ce sens là n'a aucun intérêt à long terme.


Vous finirez par vivre dans la frustration et à vivre une vie où vous ne savez plus vraiment comment exister car vous passez toute la journée au travail à faire quelque chose qui n'est pas réellement en accord avec qui vous êtes, vous prenez cette habitude de traverser votre vie en n'étant plus actif mais passif.

Cela se ressent dans vos relations avec vos amis, votre famille, dans votre couple...


Vous ne pouvez plus vraiment savoir ce qu'est l'épanouissement puisque vous avez accepté le fait de faire quelque chose qui ne vous épanoui pas toute la journée.

La procrastination au bureau ou à la maison en cherchant le moindre petit divertissement pour éviter de faire ce travail qui ne vous dit rien doit vous permettre de vous rendre compte que quelque chose ne va pas dans votre vie.


Construire des relations et s'ouvrir à de nouvelles choses

Si vous procrastinez en public, que ce soit sur votre lieu de travail ou même dans la rue, cela peut s'avérer utile.

En rencontrant de nouvelles personnes, ou en construisant des relations plus fortes avec des personnes que vous connaissez déjà, vous vous enrichissez, que ce soit personnellement ou professionnellement.

jeune Homme avec une casquette en train de faire des photos du coucher de soleil

Vous vous ouvrez à de nouveaux horizons, vous avez de nouvelles idées, de nouvelles perspectives, en ayant tout le temps la tête dans le guidon, vous êtes sûrs de louper des choses intéressantes qui se passent juste à côté de vous.


Etre plus efficace

Quand vous êtes sur un très gros projet, la procrastination fait partie du processus.

Le cerveau ne marque pas de pause aussi nette que le corps et continue de travailler sur ce dernier car il occupe votre esprit.

De nouvelles idées vous viennent ainsi et quand vous vous y remettez, tout devient plus fluide.

Il est parfois bon d’être dans la réflexion plutôt que dans l’action.


Conclusion

Vous l'aurez compris, la procrastination est un mécanisme complexe qui contient du bon et du mauvais.

Le tout est de se connaître et de trouver son équilibre entre détente et activité pour ne pas s'éreinter sans devenir une loque.

Rien ne sert de regretter ou de culpabiliser, tout ce que vous avez fait, y compris vos pertes de temps ou vos erreurs font partie de votre chemin et peuvent vous permettre de tirer des leçons et de réfléchir autrement pour mieux réaliser vos nouveaux objectifs...


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